Nouveau pays, nouveau style, nouveau blog. Longtemps j'ai visé la perfection en peinture. Je cherchais une ligne pure, une touche immatérielle, une peinture hors du temps. Or, la peinture, c'est avant tout la matière. Une toile ou un panneau de bois, des pigments, une texture. Je me suis donc débarrassée d'un tas de vieilles habitudes, à commencer par ma signature. A quoi bon ce vieux pseudonyme qui ne me servait à rien d'autre qu'à me cacher ? Pourquoi utiliser le nom de mon mari ? Ce n'est pas lui qui peint, c'est moi. Ni l'épouse, ni la mère, ni la collègue de travail, ni la prof. Non, juste moi et le nom que j'ai reçu à la naissance : Isabelle.
Une autre habitude dont je me suis débarrassée, c'est cette maudite vieille tendance à quêter l'approbation de mon entourage. Si je l'écoutais, je ne ferais que de la guimauve. Mes portraits ne sont pas ressemblants ? Je m'en fiche comme de ma première chemise. D'ailleurs, qu'est-ce qui prouve que les portraits des grands maîtres anciens étaient ressemblants ? La photographie n'existait pas à l'époque ! En plus, chacun de nous l'a expérimenté un jour ou l'autre, une photo n'est pas toujours ressemblante. Tout dépend de l'éclairage, de la prise de vue, du décor, de l'humeur du photographe et surtout, de l'état d'âme du modèle. Conclusion : une peinture n'a pas à être ressemblante. Elle doit juste traduire une émotion, la vision fugitive d'un instant, figée pour l'éternité cependant.
La peinture, c'est le silence, l'arrêt du temps. Qu'elle soit figurative ou abstraite, peu importe. Ce qui compte, c'est la spontanéité et la sincérité, l'énergie qu'on exprime. L'art oriental attache une grande importance au vide, ce n'est pas anodin : tout est question d'équilibre. Construire une toile sans jamais aller jusqu'au coup de pinceau de trop, voilà l'enjeu que je me suis fixé. Pour le moment.